Des épreuves aux sommets : le défi de Noé

À seulement 20 ans, Noé a déjà connu un parcours sportif riche en expériences et en émotions. Après plusieurs années de football, il s’est découvert une véritable passion pour le trail au sein d’Infini Trail. Mais alors qu’il commençait à se fixer de nouveaux défis, un grave accident est venu bouleverser son quotidien. Aujourd’hui, avec une détermination intacte, Noé poursuit sa reconstruction et se prépare à relever de nouveaux challenges. Il nous raconte son parcours, son rapport au sport et les ambitions qui l’animent pour la suite.
Peux-tu nous raconter un peu ton parcours sportif?
J’ai débuté le sport à l’âge de 6 ans avec deux années de gymnastique, tout en pratiquant l’athlétisme pendant un an en parallèle. N’ayant finalement pas vraiment accroché avec ces deux disciplines, je me suis naturellement tourné vers le football.
J’ai commencé au club d’Isières, où j’ai évolué de la catégorie U8 jusqu’aux U15. Désireux de me confronter à un niveau plus élevé et à des équipes plus compétitives, j’ai ensuite rejoint la REAL (Acren-Lessines), où j’ai joué jusqu’en U19 première année, soit jusqu’à mes 17 ans.
Après cette période, j’ai fait une pause d’un an. Je pratiquais alors simplement le padel deux fois par semaine, sans réellement avoir de projet sportif précis.
C’est finalement à la fin de mes 18 ans, inspiré par le remarquable exploit de mon parrain, que j’ai décidé de tenter ma chance dans le trail. Même s’il s’agit d’une discipline qui peut sembler solitaire, j’ai rapidement découvert qu’elle était aussi une véritable aventure collective. J’ai donc rejoint le club Infini Trail, avec l’envie de progresser, de relever de nouveaux défis et surtout de partager de bons moments avec de nouvelles personnes.
D’où t’est venue l’envie de pratiquer le trail et de rejoindre le club?
Comme je le disais, c’est principalement mon parrain qui m’a donné envie de me lancer dans le trail, notamment après son incroyable performance sur le 100K de l’UTMB Alsace Grand Est en mai 2025.
Au-delà de la performance sportive, j’ai également été marqué par l’ambiance chaleureuse et la bonne humeur qui règnent entre les coureurs et les supporters. J’ai découvert un univers qui m’a immédiatement attiré.
C’est donc assez naturellement que j’ai rejoint Infini Trail, même si, au départ, je ne connaissais que deux personnes dans le groupe: mon parrain et Mike.
Qu’apprécies-tu particulièrement au sein du club?
Honnêtement, j’apprécie chacun des membres de l’équipe. On forme vraiment un groupe génial et complémentaire, où chacun apporte sa personnalité et sa propre touche.
Je tiens d’ailleurs à faire une mention spéciale aux Infini Boys, Mattias et Aurélien, qui sont devenus de véritables frères pour moi. Au-delà du sport, ce sont surtout les liens humains créés au sein du groupe qui rendent cette aventure aussi particulière.
Quel genre de sortie préfères-tu ?
Mes séances préférées restent les sorties longues en endurance fondamentale (EF), avec un peu de dénivelé et, surtout, réalisées en groupe. Ce sont des moments où l’on peut à la fois travailler sérieusement et passer un excellent moment ensemble.
J’apprécie également tout autant les petites séances de vitesse en solo sur piste. Dans ces moments-là, je me retrouve complètement dans ma bulle, concentré uniquement sur mon entraînement et sur l’objectif que je me suis fixé.
Tu as vécu une terrible épreuve dernièrement. Es-tu disposé à nous expliquer un peu ce qui t’est arrivé ?
Oui, bien sûr. Le 21 décembre, après une très belle sortie en équipe au Mont-Saint-Aubert, un drame est malheureusement survenu lors d’une fondue. Une explosion s’est produite au moment de remettre de l’éthanol.
Mon tee-shirt a pris feu, ce qui m’a causé de graves brûlures au bras droit, au ventre, aux mains et au cou. J’ai été transféré en urgence à l’hôpital de Neder-Over-Heembeek, où j’ai été hospitalisé pendant 18 jours.
Quelques mois plus tard, j’ai également dû subir une greffe au niveau du bras droit.
Dois-tu encore recevoir des soins aujourd’hui?
Oui. Jusqu’à présent, j’ai dû me rendre 72 fois à Bruxelles pour effectuer des soins particulièrement douloureux. Les séances nécessitaient presque systématiquement l’utilisation de gaz hilarant afin de pouvoir retirer les pansements et réaliser les différents soins.
À cela s’ajoutent mes 18 jours d’hospitalisation entre décembre et janvier, ainsi que cinq jours supplémentaires d’hospitalisation en mars pour ma greffe.
J’ai toutefois reçu tout récemment une très bonne nouvelle: je suis arrivé à la dernière étape de ma guérison. Je dois désormais porter mes vêtements compressifs et, surtout, laisser le temps faire son oeuvre afin que les cicatrices s’estompent au maximum.
Est-ce que cette épreuve a changé ta façon d’appréhender le sport et la vie en général?
Oui, totalement.
Dans la vie de tous les jours, je profite désormais beaucoup plus de chaque instant et j’apprécie davantage ce que j’ai. Je cherche notamment à profiter davantage de la vie et à partir plus régulièrement en vacances pour découvrir de nouvelles choses et créer de nouveaux souvenirs.
Sur le plan sportif, ma vision globale n’a pas vraiment changé. Au contraire, je suis peut-être encore plus motivé à progresser et à atteindre mes objectifs. J’ai simplement appris qu’il fallait parfois savoir ralentir, écouter son corps et respecter son propre rythme.
As-tu encore des limitations de mouvement ? Est-ce que cela change quelque chose dans ta pratique du sport?
Oui, tout à fait.
Pour le renforcement musculaire, je suis encore limité sur certains exercices. Pour l’instant, je concentre donc principalement mon travail sur le bas du corps.
En ce qui concerne la course à pied, mon bras droit commence heureusement à retrouver une mobilité correcte. En revanche, pendant mes sorties, c’est surtout la peur de chuter qui reste un frein. Je prends beaucoup moins de risques qu’avant, ce qui me rend forcément un peu moins rapide.
Mais je considère aussi cela comme une étape de mon retour. L’objectif est de retrouver progressivement de la confiance et de pouvoir repousser mes limites, sans brûler les étapes.
Tu t’es fixé un gros objectif (GTLC – 52 km). Qu’est-ce que cela représente pour toi?
Cet objectif représente bien plus qu’une simple course. Il a pour but de montrer que tout est possible et réalisable.
Même lorsqu’on part de très loin, avec du mental, de la discipline et de la motivation, on peut surmonter des épreuves difficiles et accomplir de grandes choses.
Pour moi, ce défi représente donc une manière de tourner une page, de mesurer le chemin parcouru et de prouver avant tout à moi-même que je suis capable d’aller au bout.
Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Tout d’abord, le GTLC, avec ses 52 kilomètres, constitue l’un de mes premiers grands objectifs. Je tiens absolument à aller au bout de cette aventure.
Ensuite, je verrai comment cette course se sera déroulée et si j’ai réellement accroché avec les longues distances. C’est notamment cette expérience qui me permettra de savoir vers quel type de trail je souhaite orienter la suite de mon parcours.
À plus long terme, j’aimerais évoluer au minimum à un niveau semi-professionnel, voire professionnel. Et, bien évidemment, j’aimerais décrocher un premier podium, voire une première victoire, même sur une course moins connue.
Mais avant tout, je veux continuer à progresser, prendre du plaisir et voir jusqu’où je peux aller.