← Retour aux actualités
Portraits

Joséphine : courir autrement, au rythme d’une nouvelle vie

Par Ann · 18 septembre 2026

De l’équitation de haut niveau au trail, Joséphine n’a jamais vraiment quitté le monde du sport. Pourtant, il y a deux ans encore, elle n’aurait probablement pas imaginé que la course à pied prendrait une telle place dans sa vie. Aujourd’hui, elle continue de courir alors qu’elle entame son sixième mois de grossesse. Une nouvelle aventure sportive et personnelle qu’elle aborde avec une règle essentielle : écouter son corps.

« Le sport a toujours fait partie de ma vie »

Joséphine, avant la course à pied, quelle sportive étiez-vous ?

« J’ai été baignée dans le monde de l’équitation depuis mon plus jeune âge. J’ai commencé avec les petits poneys et j’ai progressivement évolué jusqu’au plus haut niveau, en représentant mon pays lors de concours internationaux de dressage.

L’équitation m’a énormément appris. Elle m’a notamment transmis la discipline, la résilience et la persévérance. Ce sont des valeurs qui me servent encore aujourd’hui dans ma pratique de la course et du trail. »

Aviez-vous déjà cette envie de vous dépasser dans votre pratique de l’équitation ?

« Oui, certainement. Le sport a toujours occupé une place immense dans ma vie. J’ai toujours aimé les défis, le fait de progresser, de me fixer des objectifs et d’essayer de donner le meilleur de moi-même. »

« La course à pied est arrivée un peu par hasard »

Comment la course à pied est-elle entrée dans votre vie ?

« C’est arrivé un peu par hasard, il y a environ deux ans. À la suite d’un déménagement, j’ai vécu un véritable changement de vie. J’ai découvert la campagne et les forêts, avec un calme qui était très différent du chaos bruxellois auquel j’étais habituée.

J’ai commencé à faire quelques footings avec mon chien. Je ne cherchais absolument pas la performance : je courais simplement pour profiter de mon nouvel environnement, sans objectif de temps ou de distance. »

Qu’est-ce qui vous a donné envie de continuer ?

« Je pense que c’est justement cette sensation de liberté. Je découvrais un nouvel environnement et je pouvais simplement partir courir, respirer, profiter de la nature. Il n’y avait aucune pression. »

« Je n’avais jamais couru plus de 8 kilomètres »

Et puis votre compagnon vous a proposé un premier défi…

« Oui ! Il courait beaucoup plus que moi et m’a parlé du semi-marathon de Bruxelles. Pour lui, c’était un bel objectif que nous pouvions réaliser ensemble.

Comme j’adore les défis, je me suis dit : pourquoi pas ? J’ai commencé à m’entraîner un peu plus, mais sans véritable plan d’entraînement. Je fonctionnais beaucoup au feeling, en écoutant mes sensations.

Je dois aussi reconnaître que je suivais à cette époque un plan alimentaire complètement inadapté, qui m’a ensuite causé pas mal de problèmes, notamment au niveau hormonal. C’est quelque chose qui m’a beaucoup appris sur l’importance d’avoir un accompagnement adapté et de prendre soin de son corps. »

Quel souvenir gardez-vous de ce premier semi-marathon ?

« C’était un moment unique parce que nous l’avons partagé à deux. Et puis il y a eu le chrono : 1 h 47 ! Je n’avais jamais couru plus de 8 kilomètres avant cette course. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à me dire que je pouvais peut-être aller plus loin que ce que j’imaginais. »

« Je ne savais même pas ce qu’était le trail ! »

Après le semi-marathon, comment êtes-vous passée de la course sur route au trail ?

« C’est encore mon compagnon qui m’a poussée à m’inscrire dans un club de course. J’ai fait quelques recherches sur Google et je suis tombée sur Infini Trail un peu par hasard.

Et le plus drôle, c’est que je ne savais même pas vraiment ce qu’était le trail ! Je savais simplement que le groupe avait l’air sympa. J’ai donc pris contact avec Ann, et c’est là que tout a commencé. »

Qu’est-ce qui vous a immédiatement plu dans cette équipe ?

« Cette équipe m’a énormément apporté, aussi bien sur le plan humain que sportif. Elle m’a permis de m’intégrer dans cette nouvelle région que je ne connaissais pas.

La bienveillance du groupe et d’Ann a été un véritable coup de boost. Je me suis sentie accueillie, encouragée et accompagnée. Et c’est vraiment comme ça que je suis tombée amoureuse du trail. »

Comment votre pratique a-t-elle évolué depuis vos débuts ?

« J’ai commencé mes premières courses il y a environ un an et demi, d’abord sur 15 kilomètres. Puis j’ai progressivement augmenté les distances pour arriver jusqu’à 35 kilomètres cette année.

J’ai toujours cette envie de progresser, de m’améliorer et de donner le meilleur de moi-même. »

« Le trail m’a apporté de la lumière dans une période difficile »

Le trail a également pris une place importante dans votre vie personnelle. Quel rôle a-t-il joué dans une période particulièrement difficile ?

« Nous avons traversé un parcours difficile pendant plus d’un an, avec beaucoup de rendez-vous médicaux, de faux espoirs et de déceptions.

Pendant cette période, le trail m’a énormément aidée. Il m’apportait un peu de lumière et de joie alors que l’avenir semblait parfois plutôt sombre. Quand je courais, je pouvais simplement profiter du moment présent. »

Est-ce que cette période a changé votre rapport au sport et à votre corps ?

« Oui. Le trail, et plus généralement le fait d’avoir un encadrement sportif, m’a permis de retrouver un corps plus sain, plus fort et en meilleure santé.

J’ai aussi compris qu’il ne fallait pas chercher à tout prix à performer au détriment de son corps. L’alimentation, la récupération, l’écoute des sensations… tout cela est essentiel.

Et puis, alors qu’on n’y croyait plus vraiment, la vie nous a réservé une immense surprise.

Je suis tombée enceinte. »

« Je suis au début de mon sixième mois de grossesse… et je cours toujours »

Lorsque vous avez appris que vous étiez enceinte, imaginiez-vous continuer à courir ?

« Absolument pas ! Je suis au début de mon sixième mois de grossesse et, honnêtement, je n’aurais jamais imaginé pouvoir encore courir à ce stade.

Pendant les deux premiers mois, j’ai complètement arrêté la course à pied parce que j’étais extrêmement fatiguée. Je n’avais tout simplement pas l’énergie. »

Quand avez-vous recommencé à courir ?

« À partir du troisième mois, j’ai commencé à retrouver un peu d’énergie, mais les sensations étaient vraiment mauvaises. Je ne voulais surtout pas forcer.

C’est seulement vers la fin du quatrième mois que j’ai retrouvé le plaisir de courir. Et ça a été un vrai bonheur de pouvoir reprendre les entraînements avec l’équipe et de partager à nouveau ces moments avec eux. »

« Aujourd’hui, j’écoute mon corps plus que jamais »

À six mois de grossesse, à quoi ressemble votre pratique sportive aujourd’hui ?

« Je participe aux deux entraînements hebdomadaires avec l’équipe. Je cours également de mon côté une à deux fois par semaine et je fais du vélo.

Mais la grande différence, c’est que j’écoute vraiment mon corps. Je ne cherche plus à courir à une certaine vitesse ou à atteindre absolument une distance. Si je sens que je dois ralentir, je ralentis. Si je sens que j’ai besoin de récupérer, je récupère.

Aujourd’hui, l’objectif est avant tout de continuer à bouger et de prendre du plaisir. »

Est-ce difficile pour une sportive habituée aux défis et à la performance d’accepter de fonctionner différemment ?

« Oui, parfois. J’ai toujours aimé me dépasser et avoir des objectifs. Mais la grossesse m’apprend une autre forme de dépassement de soi.

Il faut accepter que le corps change, que les sensations changent et que l’on ne puisse pas tout contrôler. Finalement, apprendre à écouter son corps est aussi un défi sportif en soi. »

« Bébé a déjà eu son premier dossard »

Vous avez même participé à une course pendant votre grossesse. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

« C’était un petit trail de montagne et bébé a donc eu son premier dossard ! C’est assez incroyable quand j’y pense.

Je trouve ça très symbolique. Le trail fait aujourd’hui tellement partie de ma vie que c’était assez naturel de partager déjà cette expérience avec lui. »

Est-ce que courir enceinte vous permet aussi de vivre votre grossesse différemment ?

« Oui, énormément. Le fait de continuer à courir et de participer aux entraînements me permet de vivre ma grossesse de manière beaucoup plus sereine.

Cela m’aide à avoir moins de stress et moins d’appréhension. Je peux continuer à faire quelque chose que j’aime, à retrouver mon équipe et à profiter de ces moments uniques. »

[Joséphine précise qu’elle est suivie chaque mois par sa gynécologue, qui l’a toujours encouragée à poursuivre la course à pied tant qu’il n’y a pas de complication et que son corps le permet.

Son expérience personnelle ne constitue évidemment pas une règle générale : chaque grossesse est différente et la pratique sportive doit être adaptée à la situation de chacune, en lien avec son suivi médical.]

« Le regard des autres a été plutôt positif »

Comment les gens réagissent-ils lorsque vous courez enceinte ?

« Pour le moment, je n’ai reçu aucune remarque négative. Au contraire, j’ai plutôt l’impression que les mentalités sont en train de changer.

Le fait de voir une femme enceinte continuer à pratiquer une activité sportive régulière semble être de plus en plus accepté, voire encouragé lorsqu’il n’y a pas de contre-indication.

Personnellement, je trouve ça très positif. »

Qu’aimeriez-vous dire aux futures mamans sportives qui hésitent à continuer leur activité ?

« Je pense qu’il faut surtout apprendre à s’écouter et à ne pas se comparer. Si tout va bien médicalement et qu’on en a envie, il n’y a pas forcément de raison de renoncer à une activité que l’on aime.

Mais il faut vraiment respecter son corps et accepter que la pratique puisse évoluer au fil des mois. »

« Je veux revenir encore plus forte »

Comment imaginez-vous votre retour au trail après la naissance ?

« C’est justement l’inconnu qui me motive. Je me demande comment je vais réussir à combiner ma vie de future maman avec ma pratique sportive et, bien sûr, mon activité professionnelle.

Le sport a toujours occupé une place immense dans ma vie et le trail est devenu mon terrain d’évasion. Je n’ai pas envie de perdre ça. »

Avez-vous déjà un objectif sportif en tête ?

« Mon objectif est de revenir encore plus forte l’année prochaine. J’ai envie de m’épanouir en tant que maman, mais aussi de montrer qu’une grossesse change certainement une vie sans pour autant empêcher le corps et l’esprit d’accomplir de belles choses sur le plan sportif.

Pour l’instant, je ne cherche pas à écrire la suite à l’avance.

Je profite de cette grossesse, des entraînements, de mon équipe et de ces sorties devenues particulières.

Je continue simplement d’avancer, un kilomètre après l’autre, avec une nouvelle vie qui grandit en moi.

Et qui sait… peut-être que je reprendrai déjà quelques 35 ou 40 kilomètres l’année prochaine ! »

Et après ?

« La suite s’écrira au fur et à mesure. »